Journée de l’AME 2025
-Débats sur les défis sécuritaires liés à la migration
-La Politique migratoire de l’UE dans le viseur
Fidèle à ses habitudes, l’Association malienne des expulsé (AME) organise, chaque année, une causerie sur la migration, consacrée aux témoignages, aux débats, aux réflexions et divertissements liés à la migration à laquelle prennent part plusieurs acteurs étatiques, et non étatiques, nationaux et internationaux, appelée journée de l’AME.
Dans le cadre de la célébration de cette journée, l’AME a organisé, samedi dernier, une conférence débat sur le thème « Les défis sécuritaires liés à la migration dans un contexte de crise mondiale », à la Maison de la presse du Mali.
Cette conférence, placée sous la présidence du président de l’AME, Ousmane DIARRA ; a été décortiquée par Souleymane KONATE ; sous la modération de Bahiry TRAORE, membre de l’Association Malienne des Expulsés (AME).
Dans son mot de bienvenue, Ousmane DIARRA a rappelé que l’AME a été créée en 1996 par les expulsés, d’où son nom. De sa création à nos jours, elle n’a cessé d’œuvrer pour la cause des migrants, notamment, les involontaires (expulsés, refoulés, rapatriés).
De nos jours, a-t-il fait savoir, les migrants sont confrontés à des défis multiformes, notamment, des défis sécuritaires un peu partout dans le monde.
Pour aborder ce thème, l’AME avait fait Souleymane KONATE, maître de conférences, qui a aussi servi dans le monde des ONG, et travaille dans le domaine de la migration depuis les années 2008.
A l’entame de son propos, M. KONATE a tenu à féliciter et remercier de l’AME pour son engagement pour la cause des migrants et de sa création en nos jours.
D’entrée de jeu, M. KONATÉ a souligné que la crise migratoire actuelle reflète la complexité des défis liés à la mobilité humaine globale.
Elle invite, dit-il, a un effort renouvelé d’équilibre entre sécurité, droit fondamental et solidarité exigeant courage politique et engagement humanitaire.
Pour ce qui concerne le thème des défis, il a notamment signalé l’existence de ces défis dans trois régions différentes, à savoir le Sahel, l’AES, en même temps à l’Europe, au sein de l’Union Européenne.
Au niveau de l’Europe, il signale que les migrants peinent, les pays européens peinent à gérer les flux migratoires à leur niveau.
Pour lui, les migrants sont confrontés à d’énormes défis, notamment les défis d’accès aux soins, à l’hébergement, sans oublier les politiques d’expulsion des migrants orchestrées par les politiques organisées par les différents pays de l’Union Européenne.
Donc cela est nettement visible, surtout à travers l’intervention de certaines organisations telles que les Frontex, qui est une agence qui lutte contre les migrations irrégulières en quelque sorte.
Face à une crise migratoire aux dimensions régionales, le Mali intensifie ses efforts pour repenser sa politique migratoire, a affirmé Souleymane KONATE pour qui la question de la migration inquiète le Mali et préoccupe les autorités.
Il ressort de son exposé que les autorités s’engagent à renforcer, faire de la migration un levier de développement économique et social tout en améliorant les mécanismes de protection pour les populations vulnérables.
Au passage, il a révélé qu’entre janvier et juin 2024, environ 4577 Maliens ont été rapatriés par l’AME avec l’aide de nos partenaires.
En termes de perspectives et de recommandations, il a affirmé que la crise migratoire actuelle appelle en général à une révision des approches privilégiant l’humanité et la responsabilité collective tout en prenant en compte les contraintes politiques des nations.
« Une meilleure coordination des pays, un partage équitable de responsabilités et une approche positive des causes et effets de la migration sont nécessaires pour bâtir des solutions durables », a-t-il préconisé.
Face à l’augmentation de la migration irrégulière, le gouvernement malien veut la révision de la politique nationale de la migration et son plan d’action.
Ce processus vise à répondre aux défis actuels en mettant l’accent sur les campagnes de sensibilisation pour informer les jeunes sur les dangers non réguliers.
Abdoulaye OUATTARA et maliafrique
