Alors que le Mali fait face depuis plusieurs semaines à une perturbation majeure dans l’approvisionnement en carburant, le Directeur général des Douanes, l’Inspecteur général Amadou Konaté, a accordé un entretien exclusif pour éclairer l’opinion sur les causes réelles de la crise, les mesures prises par l’État et les résultats obtenus. Entre rumeurs, tentatives de déstabilisation et défis logistiques, le patron des Douanes démêle le vrai du faux et révèle les chiffres d’une riposte étatique soutenue.
Revenant sur l’origine des tensions, Amadou Konaté explique que les mois de septembre et octobre ont été particulièrement éprouvants, non seulement pour les Douanes mais aussi pour les opérateurs économiques.
Selon lui, « des actes visant délibérément les circuits d’approvisionnement » ont contribué à exacerber une situation déjà fragile, dans ce qu’il qualifie de manœuvres de groupes cherchant à déstabiliser le pays.
Face à ces menaces, la réaction de l’État a été « immédiate, vigoureuse et coordonnée », affirme-t-il. Des réunions d’urgence ont été tenues à la Primature, tandis que sur le terrain, Douanes, Forces de sécurité et Forces armées ont œuvré ensemble pour sécuriser les approvisionnements.
Une riposte opérationnelle massive
Pour rétablir la chaîne d’approvisionnement, un dispositif renforcé a été mis en place, comprenant notamment, l’ouverture 24h/24 du Bureau des Produits pétroliers, la sécurisation et l’escorte systématique des convois de camions-citernes, une coordination permanente entre services de l’État. Ces efforts ont rapidement porté leurs fruits. « En novembre, nous avons assuré dix convois avec un minimum de pertes, contre huit en octobre et seulement deux en septembre », souligne le Directeur général.
Résultat : 117 millions de litres de carburant ont été importés en novembre, soit un volume exceptionnellement supérieur à la moyenne nationale habituelle de 80 à 82 millions de litres.
Le rôle décisif des opérateurs économiques
Amadou Konaté insiste sur l’importance de la collaboration avec les opérateurs économiques, qu’il qualifie de « patriotes ».
Malgré la possibilité d’utiliser des procédures douanières plus avantageuses, ces derniers ont accepté de dédouaner immédiatement toutes leurs citernes, un geste qui a généré un milliard de FCFA de recettes supplémentaires pour le Bureau des Pétroles et accéléré la mise sur le marché du carburant.
Des recettes douanières records malgré la crise
Paradoxalement, le mois de novembre a enregistré des recettes douanières record, une performance que l’Inspecteur général explique de manière chiffrée : Liquidation des arriérés d’octobre : 42,2 millions de litres non liquidés ont été régularisés, représentant près de 19 milliards de FCFA.
Un volume exceptionnel des importations de 117 millions de litres
Fonctionnement 24h/24 du Bureau des Pétroles, qui a fluidifié les opérations.
Structure de prix favorable jusqu’au 22 novembre, augmentant les gains.
Une combinaison qui, dit-il, a créé « une bouffée d’oxygène financière exceptionnelle ».
Pourquoi les files d’attente persistent ?
Malgré l’arrivée massive de carburant, les longues files d’attente n’ont pas complètement disparu. Pour le Directeur général, plusieurs facteurs l’expliquent : la surenchère, les tentatives de fraude ainsi que les stockages clandestins après dédouanement. « Le carburant est là. Il doit parvenir normalement aux populations », martèle-t-il, appelant à intensifier les contrôles pour assainir la chaîne de distribution.
Le DG, Amadou Konaté salue « la résilience du peuple malien et l’engagement de tous les acteurs ». Il affirme que cette crise a démontré l’importance de la coordination entre services publics et du patriotisme des opérateurs économiques.
L’État reste en alerte pour consolider les acquis et garantir un approvisionnement stable et équitable sur toute l’étendue du territoire.
maliafrique. ml
