Le Fonds monétaire international (Fmi), à l’issue de sa mission virtuelle relative à la première revue du programme de référence avec le Mali, note une politique budgétaire « appropriée », un « financement extérieur limité » et un projet de loi de finances 2026 avec un déficit budgétaire respectant le critère de 3 % du Pib fixé par l’Uemoa. L’institution de Brettons Wood évoque une décélération de la croissance économique entrainée par des perturbations de la distribution de carburant causées par des incidents liés aux attaques terroristes et une baisse de la production d’or avec un espoir d’amélioration de l’activité économique à partir de l’année prochaine. Le Mali reste un bon élève du Fmi.

Dans son communiqué de presse n°25/389, le Fonds monétaire international (Fmi) a annoncé la fin de sa mission virtuelle relative à la première revue du Programme de référence avec le Mali. Approuvé en mars 2025 pour une durée de 11 mois, ce programme, selon le Fmi, vise à assurer la viabilité des finances publiques, à renforcer la gouvernance et la gestion des finances publiques, et à protéger les groupes les plus vulnérables. Les programmes de référence sont des accords entre les pays membres et les services du Fmi en vue d’assurer le suivi du programme économique des pays membres et de rétablir un bilan de mise en œuvre des réformes.
« Le Mali a été confronté à des défis importants en 2025. Les récentes perturbations de l’approvisionnement en carburant liées aux attaques terroristes ont limité l’activité économique et la mobilité dans le pays, tandis que les risques élevés liés à la baisse de la production d’or, aux coupures d’électricité récurrentes et à la réduction de l’aide au développement et humanitaire ont encore pesé sur l’économie. Bon nombre de ces défis devraient persister au cours des prochains mois. Par conséquent, la croissance devrait ralentir à 4,1 % en 2025 et l’inflation s’établira à un niveau inférieur à 3% en 2025 », a souligné Mme Wenjie Chen, chef de l’équipe du Fmi au cours de cette mission déroulée du 10 au 21 novembre 2025.
« Les autorités ont atteint pratiquement tous les objectifs quantitatifs et indicatifs »

Selon elle, « l’économie devrait enregistrer une accélération de la croissance en 2026 grâce à une reprise de la production aurifère et à une amélioration progressive des conditions de sécurité. La croissance du PIB devrait atteindre 5,5 % en 2026, tandis que l’inflation devrait fléchir à 2,5 %. Cependant, les risques restent fermement orientés à la baisse … La politique budgétaire reste appropriée, mais elle est limitée par le contexte sécuritaire difficile et le financement extérieur limité. Le projet de loi de finances 2026 envisage un déficit budgétaire respectant le critère de 3 % du Pib fixé par l’Uemoa, soutenu par de solides efforts de mobilisation des recettes intérieures et une maîtrise prudente des dépenses courantes. Néanmoins, l’espace budgétaire reste restreint en raison de problèmes de sécurité, d’un soutien budgétaire restreint et des obligations liées au remboursement du service de la dette », a noté Mme Wenjie Chen.
Malgré ces difficultés, a-t-elle rassuré, la mise en œuvre du programme dans le cadre du programme de référence a été solide. À ses dires, « les autorités ont atteint pratiquement tous les objectifs quantitatifs et indicatifs à fin septembre et tous les repères structurels».
Les urgences, selon Mme Wenjie Chen
Mme Wenjie Chen fournit plus de détails sur les urgences. « Par la suite, le programme de référence continuera d’aider les autorités à mettre en œuvre une politique budgétaire prudente afin de préserver la viabilité dans un contexte de conditions de financement difficiles et de coûts d’emprunt élevés. À court terme, il est essentiel d’accorder la priorité à la résolution des perturbations de la distribution de carburant pour stabiliser l’activité économique et atténuer les pressions sur les ménages et les entreprises. Parmi les autres priorités de réforme figurent l’élargissement de l’assiette de l’impôt et le renforcement des administrations fiscale et douanière, l’amélioration de l’efficience des dépenses publiques, la correction de la vulnérabilité des entreprises publiques, la préservation de l’espace nécessaire à l’investissement public et la protection des ménages vulnérables », a-t-elle conclu.
C D
