Pour magnifier ses dix ans d’existence, la Fondation Tuwindi a décidé de célébrer autrement Mali Media Award (MAMa). Tuwindi a jeté un regard rétrospectif pour magnifier 10 pionniers de l’information qui incarnent l’excellence journalistique. C’était le 11 décembre 2025 à l’hôtel Radisson Collection de Bamako en présence de Mohamed Ag Albachar, Chef de cabinet du ministre de la Communication et Béchir Diop, représentant de la Haut autorité de la Communication (HAC).
Gaoussou Drabo, Thiona Mathieu Koné, Diomansi Bomboté, Fily Kéita, Daouda Mariko, Daouda N’Diaye, Tiégoum B Maïga, Sadio Touré, Baba Diourté, Ramata Dia. Dix noms, autant de références, autant d’histoires et de carrières qui ont jalonné l’histoire de la presse malienne : écrite, audiovisuelle.
Ces hommes et femmes ont désormais leurs noms écrits au fronton de l’histoire grâce à Tuwindi, fondée en 2015 par Tidiani Togola, informaticien. Depuis 8 hivernages, Tuwindi célèbre l’excellence dans la sphère des médias au Mali, à travers Mali Media Award (MAMa). Après 8 éditions, la 9è de MAMa est toute particulière. Il s’agit toujours de célébrer l’excellence, mais d’une génération d’une autre époque. Celle qui aura été l’ossature de la presse malienne.
Awa Coulibaly Cissé, Directrice des opérations de la Fondation Tuwindi, a justifié le choix d’orienter cette année les MAMa à rendre hommage à de grands noms du journalisme. «Cette année est particulière…Les MAMa sont nés pour célébrer l’excellence. Cette édition marque l’ouverture du panthéon des MAMa à celles et ceux qui ont ouvert la voie. Le panthéon a pour ambition de valoriser ceux qui ont tenu plume, le micro et la caméra avec rigueur, professionnalisme et éthique. Leur vie a été consacrée à l’intégrité professionnelle ».
10 ans, des chiffres qui racontent l’histoire !
Tidiani Togola, fondateur et président de Tuwindi, a consacré son discours au bilan de son organisation. Pour lui, «nous célébrons une décennie d’efforts, de conviction et de persévérance. Nous célébrons la force d’un pays». En une décennie, affirme Togola, Tuwindi « a développé vingt solutions technologiques conçues ici, pour répondre à des besoins réels : gouvernance, élection, médias, santé, agriculture… Nous avons mené des études stratégiques utilisées dans les ministères, les organisations internationales et les salles de rédaction. ».
Selon lui, Tuwindi a posé des jalons pour consolider la démocratie en Afrique. «Nous avons accompagné vingt-huit élections dans quatorze pays et formé quatre-vingt sept mille observateurs et observatrices, contribuant ainsi à l’intégrité de scrutins qui engagent l’avenir de millions de citoyens ». Mieux, une décennie à Tuwindi, c’est aussi mobiliser «des millions de personnes grâce à Xensa, MonElu, Kenekanko et SIRA ». Et Tidiani Togola d’ajouter : Tuwindi a «créé des standards nationaux comme le Label Genre Indépendance et Professionnalisme – G.I.P et le Label Reconnaissance Citoyenne des Mairies – ReCiM, qui rappellent que la transparence, le service public et l’intégrité ne sont pas des Options ». Pas seulement « Avec Wuya et le Véritomètre, nous avons construit l’un des premiers remparts organisés contre les fake news, les discours de haine et les manipulations au Mali… ». Et lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé aux portes de l’histoire, Tuwindi a encore une fois apporté ses solutions. «Nous avons conçu ASSA avec le PNUD et le Ministère de la Santé». Dix ans plus tard, les motifs de satisfaction ne manquent pas, et l’occasion était opportune pour Tidiani Togola d’adresser ses meilleurs mots à ses proches collaborateurs « La Team, vous êtes la meilleure », a-t-il lancé.
Président du jury du Panthéon 2025 et absent à la cérémonie, Alexis Kalambry a livré un message vidéo pour saluer ceux qui par «L’encre, la sueur et le sang parfois», ont tenu à informer sainement et à représenter dignement la presse malienne. Pour sa part, le représentant du ministre de la Communication, Mohamed Ag Albachar s’est adressé aux honorés en ces termes. « Vous êtes officiellement des exemples pour la jeune génération ».
Une Chorégraphie sous l’hymne de Tuwindi, composé dans un mélange d’anglais, français, espagnol et italien a tenu en haleine l’assistance.
Qui sont les noms inscrits au panthéon ?
Gaoussou Drabo
Formé en journalisme à l’Université de Moscou, il est un nom majeur de la presse et de la communication au Mali. Recruté au quotidien national en 1974, il devient rédacteur en chef dès 1977 et dirige parallèlement l’hebdomadaire Podium. Directeur général de l’AMAP de 1990 à 2022, il modernise l’agence avant d’occuper le poste de ministre de la Communication et des Nouvelles technologies de 2002 à 2007. Ambassadeur du Mali en Italie et représentant auprès du FIDA, de la FAO, il poursuit ensuite son engagement comme chroniqueur politique, membre de la Haute autorité de la Communication de 2015 à 2022. Il contribue à de grands processus institutionnels du pays, aux grands rendez-vous tels que la conférence nationale. Il contribue également à des travaux de référence sur la gouvernance et les conflits.
Thiona Mathieu Koné
Diplômé du CESTI de Dakar en 1981, il entame sa carrière à l’ORTM avant de devenir Conseiller à la communication à la présidence de 1986 à 1991. Assistant spécial du Représentant du Secrétaire général de l’ONU à Angola, de 1993 à 1995, il joue ensuite un rôle structurant au sein du groupe Klédu où il lance notamment le Club de la presse et signe des chroniques marquantes pendant plus de 15 ans. Il occupe des postes de direction, notamment à EDM sa. Consultant pour de nombreuses institutions internationales et enseignant dans plusieurs écoles de journalisme, il est depuis 2017 professeurs à l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de la communication et premier chef du département radiotélévision. Il est officier de l’ordre au national du Mali.
Diomansi Bomboté
Diplômé de l’École supérieure de journalisme de Strasbourg, il débute en 1972 à l’Essor et à Radio Mali. Ancien collaborateur de Jeune Afrique, formateur au CESTI de 1972 à 1980, il marque durablement l’institution. Sa carrière se poursuit à l’Unesco où il contribue pendant trois ans au développement de la communication communautaire, institutionnelle et professionnelle sur le continent. Conseiller spécial et l’une des figures pensantes de la création de l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de la communication du Mali, où il enseigne des techniques professionnelles de communication.
Daouda Mariko
Né en 1960, il est une des grandes figures des radios communautaires au Mali. Formé en lettres, il dirige depuis 1992 Radio Kénédougou, un espace majeur de production, de sensibilisation. Consultant et formateur pour de multiples organisations nationales et internationales, il intervient sur les techniques radiophoniques, la communication pour le monde agricole, la nutrition, le genre et l’amélioration des contenus locaux, tout en accompagnant et en évaluant de nombreuses radios à travers le pays.
Daouda N’Diaye
Entré très tôt à Radio Mali, il y a connu une riche carrière de journaliste, de communicant, et même de diplomate. Le journalisme mène à tout est une affirmation qui lui sied bien. Reporteur et présentateur vedette de la radio et de la télévision nationale, les plus anciens se rappellent certainement encore ses atouts vocaux. Il a eu à poser ses valises à la Primature pour assurer la communication gouvernementale.
Tiégoum Boubèye Maïga
Un visage de l’information et de la communication. Il a contribué à structurer la communication institutionnelle et à renforcer le professionnalisme de la presse privée. Il met ensuite son expertise au Service de l’État, notamment comme Chef de cabinet au ministère du commerce, Conseiller de la communication du président de la République. Figure discrète, mais déterminante, son entrée au Panthéon 2025 consacre un parcours marqué par la rigueur, l’engagement.
Sadio Touré
Elle est l’une des pionnières de l’audiovisuel public. Formée dans les premières écoles du Mali indépendant, elle rejoint en 1963 la Radio nationale où elle devient l’une des premières figures à animer magazines culturels et émissions éducatives et d’actualité. Après un séjour diplomatique en Allemagne, elle poursuit sa carrière à l’Ortm jusqu’en 1999, où elle présente le journal télévisé. Elle a contribué à installer les standards du service public. Polyglotte, elle a un parcours exemplaire marqué par le devoir, la rigueur et le sens du service public.
Ramata Dia
Formée à l’Université Cheik Anta Diop de Dakar, elle œuvre à l’émergence de la presse libre. Sa formation la conduit à Radio-Canada notamment. Elle décroche plusieurs distinctions internationales. Engagée dans de nombreux programmes de renforcement de capacités, elle contribue aujourd’hui à la régulation des médias en tant que membre de la Haute autorité de la communication.
Fily Kéita
Ancien directeur de la radio rurale de Kayes, il s’est illustré dès les débuts des années 2000 par son engagement en faveur de la communication locale et du développement rural. Président de l’Urtel, il a joué un rôle majeur dans l’organisation et la défense des médias libres. Devenu député de Kéniéba sous les couleurs de l’Adema, il s’est démarqué pour ses prises de position sur l’arène médiatique. Diplômé de l’Ecole nationale d’administration, et titulaire d’un Master en droit, il demeure très actif dans la vie associative et le développement de sa région natale.
Baba Djourté
Grande voix de la radio et du journal télévisé. Il entre à Radio Mali en 1978. Il a assumé toutes les responsabilités éditoriales avant de devenir l’une des premières voix à raisonner sur le journal télévisé au lancement de la télévision nationale en 1983. Son parcours s’est ensuite poursuivi au sein de l’administration publique où il a mis son expertise au service de la communication institutionnelle.
