La présidence malienne de l’Alliance des États du Sahel AES s’est achevée hier mardi 23 décembre 2025. Le président de la Transition, Général d’Armée Assimi Goïta, a bouclé son mandat à la tête de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) avec à son actif des acquis indéniables qui consolident le rêve commun. Sous la présidence malienne, l’Alliance s’est dotée d’une architecture politique, institutionnelle, diplomatique solide, ambitieuse et porteuse d’avenir.
Plusieurs avancées réalisées par la Confédération des Etats du Sahel sont à mettre au crédit de la présidence du Général d’armée Assimi Goïta. Ainsi, après en avoir pris les rênes, il s’est aussitôt donné une feuille de route claire et ambitieuse pour assurer le fonctionnement optimal des instances confédérales. Etablie avec ses paires, cette feuille de route, a été le point de départ de plusieurs actions courageuses.
Le président Goïta a vite compris qu’une organisation comme l’AES devait tout de suite se faire une identité. D’où l’adoption, sans perdre de temps, des Symboles de la Confédération : le Logo Officiel, la Devise « Un espace – un Peuple – un Destin », le Drapeau AES et l’Hymne de la Confédération « Sahel Benkan ». Par ce fait marquant, le président a démontré que l’heure n’était plus aux déclarations d’intentions, mais à l’accomplissement des formalités identitaires pour prendre le plein envol. Les 65 millions de la population de l’AES avaient aussi besoin d’être rassurés pour embarquer le vol de l’AES. Et pour vite couper court aux supputations, il fallait assurer la continuité de la Libre Circulation des Personnes et des Biens. Priorité optimale, le Passeport biométrique commun AES et la Carte d’identité biométrique commune AES sont là. Le jeudi 23 janvier 2025 a ainsi signifié la mise en circulation du nouveau passeport biométrique commun dénommé « E-AES ». Le voyage fut tumultueux, avec des avancées indéniables malgré les tempêtes annoncées.
Sur le pilier Défense et Sécurité, le mandat du président Assimi Goïta a vu la formation et le renforcement de la Force Unifiée, qui déjà mené maintes opérations conjointes, neutralisé plusieurs chefs terroristes, rassuré les populations des trois pays. L’un des plus récents succès de cette Force Unifiée a été l’acheminement de plusieurs citernes de carburants de Niger et du Burkina Faso en direction du Mali. La Force Unifiée a aussi permis la Sécurisation renforcée de la Zone des Trois Frontières, la formation adaptée et l’entraînement des hommes pour faire face au péril asymétrique qu’est le terrorisme. Résultat, la peur a changé de camp, les forces obscurantistes étant poussés dans leurs derniers retranchements.
Trois Diplomaties, une Voix
La Diplomatie au sein de l’AES s’est imposée comme un interlocuteur avec laquelle il faudrait désormais composer. La preuve : toutes les chancelleries sous-régionales et internationales sont attentives aux échos et orientations qui émanent des Palais des trois pays du Sahel. La Voix du Sahel s’est ainsi fait entendre par les partenaires. Les Trois pays parlent d’une seule voix, leurs démarches sont communes auprès des organisations internationales, les sessions confédérales des parlements renforcent l’architecture institutionnelle.
Le pilier Développement solidement planté
Le pilier développement n’est pas en reste. Il a surtout donné corps et âme aux ambitions et à toutes les initiatives futures. L’un des acquis majeurs du bilan de la présidence malienne est la création de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement dotée d’un capital initial de 500 milliards de FCFA qui vient d’être inaugurée par les trois chefs d’État. Ce qui constitue le socle financier de cette ambition collective. Une banque souveraine qui se consolide à partir des capitaux internes. Elle est complétée par l’instauration d’un prélèvement confédéral. Dans la logique de renforcer le développement « Made in AES », l’Autorité du Liptako-Gourma a été transformée en Agence d’exécution des projets et programmes de l’AES, renforçant l’action confédérale dans les zones stratégiques. Avec le même élan et de façon harmonieuse, des projets structurants ont été identifiés dans les domaines du transport, de l’énergie, de l’agriculture et des infrastructures, dessinant les contours d’une nouvelle voie vers l’intégration économique progressive. C’est dans cette dynamique, qu’en plus de la création future d’une compagnie aérienne et d’un chemin de fer, une autoroute reliant Bamako-Niamey-Ouaga a été annoncée par le président Assimi Goïta, au cours de son discours d’ouverture des travaux de la 2è session.
En plus de tout cela, pour assurer le fonctionnement optimal de la Confédération, les ministres des trois pays ont adopté tous les projets instruments juridiques qui permettront d’en finaliser le processus d’opérationnalisation, à savoir le projet de protocole additionnel relatif à la défense et à la sécurité, le projet de Protocole additionnel relatif à la Coordination des Actions Diplomatiques, le projet de Protocole additionnel relatif à la Coordination des Actions de Développement et le projet de Protocole additionnel relatif aux Sessions Confédérales des Parlements.
Enfin, la présidence Goïta a investi le champ de la souveraineté informationnelle et communicationnelle. Cela, avec le lancement de la radio de l’AES « Daandè Liptako » émettant depuis le Burkina Faso et de la « Télévision AES ». Basée à Bamako où sa coordination est assurée, la télévision AES « va renforcer les liens entre nos populations » a déclaré Assimi Goïta dans son discours d’ouverture des travaux. Enfin, la presse écrite qui va désormais tremper sa plume dans l’encre « AESienne» pour doter l’Alliance de sa propre presse écrite. Mieux, le projet d’une Agence de presse confédérale, couvrant Ouagadougou, Bamako et Niamey, viendra renforcer le dispositif communicationnel. Ce bilan, largement salué, aura renforcé la souveraineté de l’AES et soutenue sa crédibilité tant aux échelles nationales qu’internationales.
Par Ousmane Tangara/Le Challenger
