Il n’est pas connu de la plupart des citadins, mais reste incontournable dans la vie de nombreuses localités de l’intérieur du pays où il continue de résonner. Et toujours aussi fort pour le plus grand plaisir des habitants.
Il s’agit du ‘’bâri’’ Il est joué à l’occasion de la fête de l’indépendance, des fêtes villageoises à la fin des récoltes, à l’occasion de mariages, de réceptions des autorités lors des inaugurations. Volumineux et de forme circulaire, il est confectionné à partir de la « barrique ». C’est un cylindre dont les deux extrémités sont fermées de peau d’antilope bien tendue. Contrairement au joueur de tam- tam qui place son instrument entre ses jambes, celui du bâri l’accroche en général à son épaule, le faisant bruire de coups de poings alternant avec les coups de paume. Cest ça, la technique. Sur la piste, les danseurs sont séparés : les hommes d’un côté et, de l’autre, les femmes, les femmes et les jeunes dans une belle chorégraphie. Le rythme est parfois lent, parfois accéléré, pour permettre aux danseurs de se reposer tout en continuant de danser.
En milieu traditionnel, presque rien ne se fait sans initiation. Cependant, tout porte à croire qu’aujourd’hui, que l’on soit noble, forgeron ou autre, il suffit de maîtriser le rythme et d’aimer cet instrument, pour pouvoir le jouer. Les joueurs de « bâri » sont de véritables acrobates. Ils effectuent beaucoup de mouvements avec leur instrument. Pour avoir une idée approximative du « bari », faisons une incursion dans le milieu de la fanfare de la Garde nationale ou de la Police nationale. Parmi les musiciens, l’un d’entre eux, le plus gros en général, porte sur la poitrine la version contemporaine du « bari ».
L’instrument volumineux et circulaire est suspendu sur sa poitrine grâce à deux bretelles au niveau des épaules. L’instrumentiste en harmonie avec les autres musiciens bat les deux flancs du « bâri ». C’est peu de dire qu’il résonne fort, il gronde plutôt. Cet instrument est l’apanage des Maliens du Sud, et de Koulikoro, notamment, le Baninko (Dioïla) le Banimonotiè, (Bougouni) le Tièndougou (Kolondièba), le Wassoulou (Yanfolila). De source bien introduite, exceptionnellement, à Soudoubaba, dans la province de Mopti, localité de Djénné, où la culture peule prédomine, le « bâri » a ravi la vedette aux autres instruments de musique. Il est présent lors de la commémoration de la fête de notre accession à l’indépendance, sous la dénomination initiale : le « bâri ».
Mohamed Koné & Youssouf Doumbia Dr ès, Lettres professeur au Lycée Public3 de Sikasso/Le Challenger

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