Mme Diaby Makoro Camara aura marqué plusieurs générations d’acteurs de la corporation par son courage, sa détermination et son professionnalisme. À travers Kabako, un hebdomadaire spécialisé dans les faits divers qui l’a révélée au grand public, Makaro a su imposer un style et une rigueur qui ont contribué à asseoir la crédibilité de ce genre journalistique.
Mme Diaby était surtout une entrepreneure visionnaire. Elle avait fondé Soro Print Color, l’imprimerie «Hippo», un outil stratégique qui lui a permis de renforcer son indépendance et de soutenir la régularité de son journal et de celle de plusieurs autres parutions de la place, dont ‘’Le Challenger’’ à ses tout début. Elle s’était ensuite investie dans l’audiovisuel avec «Muso Télé» et la radio «Oxygène», contribuant ainsi à diversifier les canaux d’informations au Mali. Avec ces investissements, Makoro a beaucoup contribué à la création d’emploi et à la formation.
Femme de caractère, elle incarnait l’assiduité et l’audace dans un milieu médiatique longtemps dominé par les hommes. Son parcours inspirant a ouvert la voie à de nombreuses femmes désireuses de faire carrière dans les médias, surtout la presse écrite. Par son engagement, elle a également participé à la promotion de la liberté de la presse et du pluralisme médiatique au Mali.
Aujourd’hui, confrères, collaborateurs, proches et admirateurs saluent la mémoire d’une femme d’exception, véritable source d’inspiration. Mme Diaby, Makoro Camara s’en est allée certes, mais son héritage demeure. L’amazone repose au cimetière de Niaréla, où elle a été accompagnée par ses nombreux confrères, collaborateurs, parents et amis.
Dors en paix, la brave !
Drissa Togola
Ce que nous écrivions sur elle en mars 2025 : Makoro Camara : un modèle d’entrepreneuriat féminin
Journaliste aguerrie, directrice de publication du journal Kabako et rédactrice en chef de plusieurs revues, Mme Diaby Makoro Camara incarne à la fois la réussite professionnelle et l’engagement pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin dans le monde de la presse. Cette mère d’un enfant est aujourd’hui une véritable fierté pour le journalisme malien et africain.
Mme Camara est promotrice de Mousso Télé, directrice de publication de l’emblématique journal Kabako, rédactrice en chef de la revue Sira et fondatrice du journal Wassa. Elle a occupé également des fonctions de responsabilité dans plusieurs organisations, telles que la CAFO (Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali), dont elle fut secrétaire à l’information, l’APAC-Mali (Association des Professionnelles Africaines de la Communication), qu’elle a présidée, de l’APAC Afrique (dont elle fut secrétaire à la communication).
Ce n’est pas tout : Mme Diaby fut également secrétaire à l’information de l’Association des Femmes Africaines et Américaines dans les Médias. Autant de responsabilités qui font d’elle une référence et une source d’inspiration pour la jeunesse féminine du Mali.
Animée par une véritable passion pour le journalisme, Mme Camara a multiplié les expériences dès ses débuts. Après un stage à l’ORTM en 1988 avant d’occuper différents postes, notamment à la SINITECTOA en qualité chef du personnel, au CARREC (Carrefour de Reconversion des Travailleurs Déflatés du ministère de la Fonction publique) en qualité de chargée de communication. Aujourd’hui, elle poursuit son engagement en tant que directrice de publication du journal Kabako et rédactrice en chef de la revue Wassa.
Dévouée également à la formation et au plaidoyer pour les droits des femmes, elle a pris part à de nombreux rendez-vous internationaux : la 5e Conférence régionale des femmes africaines à Dakar, plusieurs conférences de l’UNESCO sur les femmes et les médias, la 4e Conférence mondiale des femmes à Beijing en 1995, ainsi que des rencontres aux Nations Unies à New York sur la condition féminine.
Par son parcours exceptionnel, Makoro Camara s’impose comme un exemple de réussite dans la profession de journaliste au Mali et un symbole de l’entrepreneuriat féminin au Mali.
