Une année a fini, une autre a commencé comme aimait si bien le dire le poète, car estimait-il à tort ou à raison que, les difficultés qui ont émaillé tout au long de l’année qui s’est achevée, sont celles des douloureuses peines de promesses non tenues. Avec elle, les désastres socio- économiques, sécuritaires, bref tout ce que personne ne souhaiterait plus jamais revoir, plus jamais entendre. L’année 2025, phénoménale que cela a paru, sont les fruits des promesses non tenues, des rêves brisés, des espoirs anéantis. On le dira pour alléger les consciences parce que, chaque nouvelle année vient avec ces lots de consolation de par de nouvelles promesses, des regrets de vies brisées dont on ne voudrait plus jamais parler, ne plus jamais se souvenir. Qui pour dénoncer lorsque la peur est à la manette ? Le Mali notre pays, peine à accepter, à s’accepter, toujours prompt à amorcer une nouvelle vie, pourvu que rien ne dure. La réalité est bien là, chez nous rien ne dure, les vieux os devenant des totems. Le malien, nous nous en convainquons depuis, a horreur de ce qui dure. Et c’est bien cette forme de vie qui est la nôtre, une vie que nous chérissons avec ces joies et ses peines. Dans le politiquement parlant, Mamadou Konaté, Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko, Modibo Keïta. Tous d’une façon ou d’une autre, ont rejoint les aïeux à l’immense douleur des leurs. Les perfides complots seraient passés par là. Modibo Keïta, chef de la majorité US- RDA, à la limite, contesté par ses opposants du PSP par exemple, aurait choisi l’installation d’une féroce dictature même si le pays comme le soutiennent encore nos ainés, fit assez vite de le faire démettre par des éléments de sa propre garde, adoubée par des éléments en charge de la formation de sa milice à lui. Le rêve tourna au cauchemar parce que, moins d’une dizaine d’années après son installation, il se fera éjecter.
C’était le 19 Novembre 1968, sans jamais arriver à redevenir lui-même en acceptant de faire amende honorable, celle de ne jamais pouvoir ressembler à son idole, Mao Tsé Toung. Le temps ayant ses raisons qu’il ignore lui-même, Feu le président Moussa Traoré son tombeur qui aura en sa faveur le mérite du plus long règne de l’histoire de nos présidents, 23 longues années, ne tremblant d’aucun obstacle. Chaque nouvel an, les maliens, face à leurs transistors, puis leurs téléviseurs, s’assujettissaient à la même parade, au son de la même ritournelle, ne s’embarrassant d’aucun complexe sur ce que sera notre pays à la veille de la nouvelle année. Une nouvelle année, un nouveau destin. Une année a fini, une autre a commencé, notre très cher président, ne prenait aucun mauvais risque lorsqu’il avertissait ses compatriotes de ce que serait la nouvelle année, celle que nous nous préparons à accueillir, pardon, à affronter. Celle année, sera dure. Comme s’il alertait son peuple sur ce que serait son avenir immédiat, les temps difficiles face auxquels ils devraient se préparer. Il connaissait son pays, son peuple, ce peuple qu’il savait courageux, teigneux mais surtout très résilient. Des femmes et des hommes toujours prêts qu’importe ce qui leurs arriveraient, les épidémies, les calamités, prompts à affronter des misères annoncées, plutôt qu’à l’affronter, lui, Moussa Traoré, Lieutenant, puis Colonel et Général d’Armée en fin de compte. Plus d’une trentaine d’années après sa chute des suites d’une révolution populaire, notre pays connaîtra des regimes de pures démocraties avant de s’affaisser en 2012, puis en août 2020. Depuis, le 18 août 2020, nous vivons sous le poids d’une transition. Est-ce le fruit de l’échec de nos multiples choix depuis le 22 septembre 1960 ?
A suivre.
Sory de motti/Nouvelle Patrie
