Dans de nombreux quartiers de Bamako et périphéries, un silence inhabituel s’est installé sur les chantiers. On y entend moins de grincements des brouettes, de chocs métalliques des pelles et gamelles et de frottements des truelles sur le ciment. Le secteur du bâtiment, longtemps considéré comme l’un des moteurs de l’emploi urbain, traverse une période de ralentissement sans précédent.
Sur plusieurs sites de construction, le spectacle st quasiment le même : briques entassés, sable et gravier éparpillés. Les ouvriers, se montrent tôt sur les altères des routes, lieu habituel de leur recrutement journalier et rentrent plutôt que prévus. Pour cause, pas de chantier en vue donc pas de boulot. S’ils travaillaient tous les jours, aujourd’hui, ils peuvent faire des semaines sans rien faire. C’est le cas, conjoncture oblige, pour des centaines d’ouvriers journaliers, manœuvres, ferrailleurs, carreleurs ou peintres en chômage. Période éprouvante aussi pour les, maçons et autres techniciens de bâtiment.
Dans les dépôts de matériaux que sont les quincailleries, les ventes ralentissent du fait de baisse de la demande en ciment fer à béton et autre matériel de construction. Pourtant, le besoin en logements et en infrastructures demeure important, surtout dans une ville en pleine croissance démographique comme Bamako. Faute de chantier, plusieurs techniciens et maçons sont réduits aux retouches et travaux de réparations.
Drissa Togola/Le Challenger
