«Il y a des hommes qui passent. Et il y a ceux qui laissent une empreinte », dit-on. Pr. Idrissa Diarra, digne fils de Zamtoumi Bakary et de Katiènè Sawadogo, natif de N’kourala, Commune rurale de Kapolondougou, Cercle de Sikasso,
Mon père et également mon ancien professeur de SVT, appartient à cette seconde catégorie.
Formé à l’École Normale Supérieure de Bamako, tu as choisi très tôt l’enseignement.
Non par facilité.
Mais par conviction.
Professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, tu as consacré plus de quarante années à l’école malienne.
Quarante années à expliquer, à corriger, à orienter, et à encourager.
Quarante années à croire en l’élève, parfois plus que l’élève ne croyait en lui-même.
En rappel, ce brillant parcours débute dans la région de Mopti, après ta sortie à l’ENSEC de Badala précisément à Dia, cercle de Ténenkou, puis à Sévaré, où tu serviras pendant dix longues années loin des commodités de la ville et dans des conditions souvent difficiles, mais jamais une seule journée passée sans engagement.
Plus tard, au lycée Alfred Garçon, tu poursuivras cette mission avec la même rigueur, la même discipline, et le même amour du travail bien fait.
Mais ce qui te caractérise profondément, mon père, c’est ton refus de t’arrêter d’apprendre.
Car, tu croyais fermement qu’un enseignant qui cesse d’apprendre, cesse également d’enseigner.
C’est pourquoi, tout au long de ta carrière, souvent au prix de tes congés, de ton temps familial, et parfois de tes propres moyens, tu as participé à de nombreux séminaires, ateliers et formations.
Pourquoi tant d’efforts ?
Parce que pour toi, enseigner n’était pas un métier, mais une mission, un devoir moral, et un engagement envers le Mali.
Faut-il rappeler, tu appartiens à une génération de fonctionnaires qui ont servi le Mali dans des périodes difficiles.
Parfois sans salaire.
Souvent dans l’oubli.
Mais toujours avec dignité.
Alors que certains ont choisi l’exil ou d’autres horizons à l’époque, toi, tu es resté.
Fidèle à l’école malienne.
Fidèle à la craie.
Fidèle aux élèves.
Malgré cette loyauté envers la nation, aujourd’hui, après plus de quarante années de service, Mon Père, tu pars à la retraite sans distinction officielle de l’État tout comme de nombreux enseignants de notre pays.
Dommage pour le Mali, un pays qui ne rend pas toujours hommage à ses enseignants, alors même qu’ils sont à l’origine de toutes les réussites nationales.
Et oui…
Cela fait mal.
Mais Papa,
la vraie reconnaissance ne se trouve pas toujours dans les décorations.
Elle se lit dans le regard reconnaissant des anciens élèves, dans le respect silencieux de la communauté éducative et dans la fierté de ta famille.
Ta plus grande médaille, ce sont les milliers de vies que tu as contribué à former.
Il s’agit de ces hauts cadres et hauts fonctionnaires du pays, ces ingénieurs, médecins, enseignants, ces hauts gradés de l’armée de tout bord et même ces petits commerçants et ouvriers qui n’ont pas eu la chance de poursuivre les études.
Papa,
Tu pars à la retraite sans faste, mais avec la dignité du devoir accompli.
Pour nous, tes enfants, tu es un modèle.
Pour l’école malienne, tu es un repère.
Pour le Mali, tu es un serviteur fidèle.
Papa, merci.
Merci pour le sacrifice !
Merci pour l’exemple !
Merci pour l’héritage!
Que Dieu t’accorde la longévité pour rester longtemps auprès de tes fils et filles, tes petits fils et petites filles et arrières fils et filles dans le bonheur et dans la santé !
Bonne retraite !
Boubacar Idriss Diarra/Le Challenger
